Association de vol à voile Champlain

Libre comme l'air !

Article de notre ami Jean Lapierre paru dans la revue Plein vol d'avril-mai-juin 1997

PIK-20 en finaleC'est le moment!

Bien sanglé dans l'habitacle je refais mes vérifications de prédécollage, contrôles, instruments, sangles et parachute, volets et compensateur en position de décollage, arrimage du câble de remorquage, et je referme la verrière.

Me voici seul, le coeur débattant dans ma poitrine comme avant chaque envolée.

Dans quelques minutes je serai en vol, ne faisant qu'un avec mon planeur et me découvrant dans le ciel pareil à un oiseau.

Mon coéquipier tient l'aile du planeur à l'horizontale et après une vérification du trafic je lève mon pouce pour donner le signal du décollage.

L'avion-remorqueur prend de la vitesse et enfin, je suis en vol.

Si la météo le permet, je reviendrai dans quatre ou cinq heures après avoir franchi quelques centaines de kilomètres.

 

Pik-20 ArrondiDepuis huit ans je suis un adepte du vol à voile, sport aérien qui se pratique aux commandes d'un planeur

C'est un aéronef conçu pour voler sans moteur.

D'une envergure de 15 à 20 mètres le planeur a des formes gracieuses et très aérodynamiques.

C'est nécessaire pour offrir le moins de résistance à l'air et avoir la meilleure finesse possible.

La finesse c'est l'unité de mesure de la performance d'un planeur, une expression de son angle de plané.

Un planeur qui aurait une finesse de 40 pour 1 pourrait à une altitude de 1 kilomètre parcourir 40 kilomètres de distance.

 

L'aéronef

On retrouve dans le planeur l'ensemble des contrôles nécessaires à son pilotage. Le manche pour commander l'inclinaison des ailes et les mouvements de haut en bas et le palonnier pour commander le gouvernail de direction. Des aérofreins et des volets sont utilisés pour mieux contrôler le planeur. Les instruments sont l'anémomètre un altimètre, une boussole et un ou plusieurs variomètres qui indiquent avec précision le taux de montée ou de chute de l'appareil. On retrouve dans les planeurs plus performants des ordinateurs de bord.

Le planeur vole parce qu'il descend toujours puisqu'il n'y a pas de moteur. Mais lorsque la masse d'air monte plus vite que le taux de chute du planeur alors il est possible de monter. Des ascenseurs à planeur sont les thermiques causées par la convection de l'air réchauffé sur des terrains foncés par exemple. Ce sont les cumulus qui annoncent habituellement ces thermiques, mouvements verticaux de l'air confirmés par les variomètres du planeur. En tournant en rond (spirale) dans un thermique le planeur peut atteindre d'une altitude variant de 2,000 à plus de 10,000 pieds selon la journée, la moyenne étant de 3 à 5 mille pieds. En se déplaçant de thermique en thermique le pilote peut franchir des distances considérables. Un planeur se démonte rapidement (moins de 15 minutes) pour être transporté par la route dans une remorque conçue à cet effet. Le retour des vaches (atterrissage en campagne) est assuré par les équipiers.

Objectif solo!

Le premier volet de la formation est de pouvoir opérer l'aéronef, objectif solo! Des instructeurs brevetés bénévoles assurent la formation selon les normes de l'Association canadienne de Vol à Voile (ACVV). Un novice prendra entre 40 et 55 vols pour faire son premier vol solo. La transition pour un pilote privé prendra entre 5 et 10 vols. Le planeur avec sa grande envergure demande une grande finesse de pilotage et le palonnier est très utilisé.

Quelques heures de vol solo entrecoupées de vols d'instruction permettent au pilote d'obtenir son badge "C", un vol d'une heure. C'est aussi le passeport pour découvrir des machines plus performantes et de polir ses ailes sur monoplace. Habituellement à la fin de sa première saison l'étudiant peut s'inscrire à l'examen du ministère pour obtenir son permis de pilote planeur.

Le vol voyage

Le vrai plaisir du planeur est le vol à voile, le vol voyage. C'est l'essence du sport que d'essayer d'aller plus loin ou de faire un circuit de 50, 100, 300 kilomètres et même plus. Le risque est que les conditions de vol peuvent changer et qu'il faille se poser en campagne, aux vaches. La formation de la deuxième saison est donc axée sur l'acquisition des techniques et compétences en vue du vol voyage. Le pilote devra faire un vol de plus d'une heure, pratiquer les atterrissages de précision (en planeur on n’a pas deux chances de se poser), commencer des triangles en local étendu de la piste et s'initier à la sélection des champs.

Un premier vol en campagne, l'objectif est de parcourir 50 kilomètres et de se poser en campagne, la glace est cassée et le pilote progressera au cours des années.

Le club

C'est en joignant l'un des cinq clubs de vol à voile que l'on peut s'initier aux joies et défis du vol à voile. Les clubs ont habituellement une flotte comprenant des planeurs d'entraînement biplace, intermédiaires et parfois un planeur de haute performance. Mon club est l'AVV Champlain situé à St-Dominique près de St-Hyacinthe dans la région de Montréal. Nous avons 8 planeurs et deux avions remorqueurs Cessna 150-150 que se partagent nos 60 membres. En plus, une dizaine de planeurs privés complètent la flotte.

Notre club est propriétaire de son terrain et de notre piste. Nous offrons donc des infrastructures comme une piscine, des installations sanitaires, un parc pour les enfants, etc. C'est très important parce que le sport demande beaucoup de temps. Il faut investir habituellement une journée complète par fin de semaine pour pratiquer ce sport. En plus du temps de vol, la contribution de chacun des membres est mise à partie pour lancer les planeurs, tenir la planche de temps, l'entretien léger, etc. Les membres d'un club forment une famille élargie et lorsque les portes du hangar sont fermées c'est autour d'un BBQ que les familles échangent et que les pilotes comptent et recomptent leurs aventures de la journée. Un terrain de camping avec services est disponible pour les membres.

Le coût

Le vol à voile est une activité qui exige un budget annuel de 1 500$ à 2 000$. Ce montant est réparti entre la quote-part des frais d'exploitation et les frais de vol. Un membre peut utiliser les planeurs du club et avoir du plaisir à pratique son loisir pendant des années. Certains membres préfèrent acquérir leur propre appareil et forment des groupes de deux ou trois partenaires pour le faire. Un planeur coûte entre 15,000 et 100,000 dollars et même plus selon sa performance et l'équipement. Le planeur se pratique au Québec du mois d'avril jusqu'à la fin novembre.

Vol d'initiation

Pour découvrir le vol à voile, venez nous rencontrer et faites un vol d'initiation. Vous découvrirez les joies du vol à voile au dessus de merveilleux paysages. Des forfaits sont disponibles sous forme de blocs de vols pour vous permettre d'apprivoiser le sport.

Post-scriptum

Aujourd'hui j'ai parcouru près de 300 kilomètres. Parti de St-Dominique dans mon PIK20B et accompagné de André Pepin dans son merveilleux DG600 nous sommes allés à Bromont, Sherbrooke, Valcourt, Drummondville et retour à la base. Altitude moyenne 7,000 pieds. Une après-midi de bonheur en banque et des histoires à conter pour les longs hivers...

Jean Lapierre
Association de Vol à Voile Champlain

 

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